Mercredi 8 février 2012
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21:08
Le silence est sa tour
Invisible l'horizon
qui la dissimule.
Pourtant je sais que c'est elle qui au matin ramasse la rose qu'au soir je dépose devant ma porte.
Pourtant je sais que jour après jour elle passe l'océan et la montagne pour venir boire à ma source.
Le vent la raccompagnera chez elle.
Je regarde par la croisée. Je regarde passer les nuages, les nuages et les oiseaux , compagnons du secret,qui savent mais qui se taisent. Je regarde.
Pourtant je sais que jamais je ne la verrais.
(Toile d'Annie Faure)
Par MOTS DU SABLE
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Mercredi 8 février 2012
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11:27
La cavalière a traversé mon existence en quelques secondes. Fulgurante. Les sabots de sa monture soulevaient des gerbes de sable, des milliers de grains de sable, autant de parcelles de
l'univers, comme la cavalière, comme son cheval, comme moi. Uniques. Le vent allait dans un tourbillon nous confondre, nous séparer, nous réunir. A sa guise. On appelle cela une destinée. La
cavalière dont la chevelure flamboyait encore au soleil disparut bientôt avalée par l'horizon.
Il était tôt et le soleil bien haut. Je regardais les vagues se lancer à l'assaut des rochers. Elles se brisaientt en gémissant et renaissaient en milliers de bulles argentées. Infatigable,
impitoyables elles revenaient aussitôt à la charge. Elles savaient qu'a la longue elles gagneraient leur combat.
La mer a toujours raison. Toujours.
Par MOTS DU SABLE
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Mardi 7 février 2012
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22:36
Elle m'attendait sous l'olivier. C'était un jour d'août et la chaleur faisait entendre à mon oreille des bruits de bois mort. J'imaginais l'espoir de sa bouche, les promesses de ses reins et à
chaque pas qui me portait vers elle la lumière me dévêtait de mon habit d'amertume.
Elle était bien là, le vent avait noué sa robe au dessus de ses genoux et le soleil jetait des galets dans l'eau de la rivière. Je l''ai rejointe sous l'olivier, mon coeur se brisa dans ma
poitrine à la vue de ses seins qui éperdues jaillissait de son corsage tandis que mes mains se troublaient à la découverte de son corps.
Je lui promis pour la séduire, le bal, les violons de la ville, la lune détachée de la nuit et le trésor de mon aieule où scintille unne émeraude découverte par un homme de ma famille qui fit le
tour du monde. Je lui promis tant que mes lèvres se craquelèrent sous la soif c'est alors que son rire dénoua nos jeunnesses qui se marièrent à l'ombre de l'olivier consentant.
Par MOTS DU SABLE
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Mardi 7 février 2012
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11:06
Arthur Rimbaud nous a expliqué que " Je est un autre " et plus récemment Amélie Nothom nous a invité (Hygiène de l'assassin) à faire connaissance avec notre "moi intérieur" . J'en déduis qu'il
serait nécessaire que tout un chacun fasse établir la carte d'dentitité de ce "moi intérieur" Voici comment j'imagine la mienne.
Nom : Sans importance ou alors " Inconnu" ou pourquoi pas, ce serait plus littéraire " Etranger noir".
Prénom : Comme bon vous semblera
Yeux : Couleur du temps qu'il fait
Nez : Grec par opposition récurente aux Bourbons. ( J'ai une aïeule qui a été fouettée en place publique par le soldats du roi, selon ma grand mère, authentique républicaine, Mais je déraille)
Front : Fuyant devant les responsablité dites écrasantes
Taille : Variable selon celle de sa paternaire ( pour des raisons pratiques qui ne vous échapperont pas)
Cheveux : Hérissés devant tout contradicteur
Profession : selon les circonstances, saltimbanque, toublib humanitaire, star en tout et pour tout, poète maudit, intermittent du spectacle, curé défroqué sitôt ordonné.
Signe particulier : Né des amours lubriques d'une déesse et du diable, à moins que ce ne soit de la relation tendrement conflictuelle de Dieu (le bon s'entend) et d'une diablesse particulièrement
dévergondée. Simples suppositions, car en ce qui me concerne on m'a dit à la Daas que tout s'est fait sous X, d'ou mon horreur des mathématiques.
Par MOTS DU SABLE
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Lundi 6 février 2012
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17:39
J'ai rencontré Héléna sur une autre planète. Elle ne ressemblait à aucune des femmes que j'avais rencontrées dans le monde d'en bas. Pas plus d'ailleurs qu'elles ne ressemblait aux êtres qui
habitaient son monde, où plus exactement ce qu'elle croyait être son monde. Elle ne savait pas, elle ne pouvait pas savoir, personne n'avait pris la peine de lui expliquer qu'elle venait de
plus loin, d'un endroit d'où à l'ordinaire on ne revient pas. Trop de choses à raconter. Elle était pieds nus, avait des cheveux rouges et des yeux que l'on devinait battues par d'anciennes
et cruelles tempêtes. Elle s'exprimait dans un langage étrange, mi chanté, mi crié. On ne savait pas si elle voulait vous injurier, vous cracher au visage où si elle riait, vous offrait sa
bouche. Je lui ai tendu la main, large, ouverte. Elle était propre, ma main et mes ongles courts. Elle l'a regardée longuement puis elle à haussé les épaules et son regard s'est détourné de
moi. Comme je restais immobile elle m'a fait un signe de la tête que j'ai interprété pour un définitif refus de je ne sais quoi. Je ne comprenais pas puisque je ne lui avais rien demandé.
Enfin pas encore. Je savais seulement que j'aurais pu, que j'aurais du, que je pouvais l'aimer, mais que cela n'allait pas de soi. En fait c'était une entreprise quasi désespérée. La planète
où vivait Héléna était peuplé d'interdits, de non dits, d'idées reçues ou refusées, de robots sophistiqués mais aussi d'hommes tout juste sortis de l'état que l'on qualifie dans les livres de
sauvage. Je me demandais ce que je foutais là, j'avais envie de me casser comme l'on dit, mais elle était là, plantée au bout du chemin avec ses grands yeux qui n'avaient plus de larmes à
verser et son coeur qui battait si fort que je l'entendais. Je l'entends encore. Alors en rentrant chez moi comme un jeune con déconfit je me suis dit qu'il se trouverait bien quelqu'un pour
écrire la suite de cette histoire et j'ai avalé un bourbon d'un trait. C'était bon, il avait le goût de ses lèvres. Enfin, j'imagine.
Par MOTS DU SABLE
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