J'ai connu le temps où, vous ne me croirez pas ou difficilement, les tomates avaient le goût de tomate, les fraises de fraise et où la plupart des filles étaient encore vierges à 18 ans. Mais oui, j'ai connu le temps où l'on ne rangeait pas un couteau à cran d'arrêt dans son plumier et son portable dans son cartable, le temps ou l'Instit que l'on appellait Maitre" nous donnait des coups de règle sur les doigts sans qu'on songe à lui casser la gueule.
C'était le temps des zazous et des zazettes, des Catherinettes , des promenades à bicyclette, des midinettes des J"3 et des tickets de pain, de Tarzan sur les écrans, de Charles le fou chantant, de la TSF et de Georges Briquet, du Conseil de révision et du service armé, de Ya bon Banania, de Bébé Cadum, des bienfaits de la Blédine, de la Brillantine, de la Pub Cinzano dans les souterrains du Métro.
C'était le temps où les trains arrivaient à l'heure, le temps des escarbilles de charbon, le temps où les gouvernements vivaient ce qui vivent les roses, le temps où le Président de la République passait le sien à inaugurer les expositions de chrysanthèmes, le temps de la Traction avant, de la bande à Bonno, des histoires d'Olive et de Marius, le temps de la sardine qui bouchait le port de Marseille, le temps du ciné en noir et blanc, des dancings et des bals du samedi soir, le temps des Gauloises et des Celtiques, du tango et du paso.
Vous dites ? Non et non, ce n'était pas le Temps des cerises, mais celui des Temps Modernes de Charlot. Faudrait pas me prendre pour un ancètre Man, Cromagnon et les Neiges d'antan c'était bien avant que je ne débarque.
La gueule en fleur.
Frais comme un gardon
Mé lé chause on deupuits bien chenjé
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