Elle ne nous parle plus beaucoup, ou seulement du bout des lèvres avec un sourire convenu et comme un soupçon de moquerie dans l'oeil. Gêne, méfiance, qu'en penser. Parfois nous l'entendons rire, parler haut, puis chuchoter avec ses copains, ses copines, ses semblables, les ados comme nous disons, nous, les autres.
Que faire pour établir à nouveau le contact, rétablir l'harmonie, veiller à ce qu'elle ne s'éloigne pas plus encore au risque de la perdre. Sans doute pas grand chose, se souvenir de ce que l'on a été et que l'on ne sera plus, surtout ne pas les singer, ne pas sombrer dans le jeunisme. Ce serait s'exposer à leurs rires, à son rire qui peut être cruel. Ne pas oublier, Voltaire " cet âge sans pitié", cet âge qui est parfois aussi celui du mal être, de souffrances incomprises, sous estimées par ceux qui croient tout savoir et à qui parfois "la vie n'a rien appris".
Seulement être patient, attentif, jamais indifférent, indulgent. Savoir sourire, ne pas se moquer. Attendre.
Elle reviendra avec le temps qui passe et qui lui ne revient pas. Jamais