- Les présentations continuaient, la famille de Shima était désespérément nombreuse. Même père, même mère, même père seulement... frères et sœurs prenaient tour à tour place sur la natte, puis il y eut les tantes, les cousins et les cousines, les voisins.
Mamadou s'était endormi et le toubab décida de faire semblant de dormir lui aussi pour retrouver un peu de paix.
Les voix des femmes, les cris et les rires des enfants lui parvenaient de plus en plus lointains, finalement le sommeil le gagna à son tour. Lorsqu'il se réveilla, c'était l'heure du repas. En son honneur on avait tué plusieurs poulets, servis à l'Africaine dans le même plat, avec du riz, beaucoup de riz. Les hommes mangèrent ensemble avec une cuiller, une attention sans doute pour le toubab. Les femmes s'étaient regroupées dans la pièce à côté avec les enfants. Shima manquait au toubab. Aujourd'hui, se dit-il, elle doit manger avec ses doigts.
A Ngor, il lui avait appris à utiliser une fourchette et une cuillère. Elle s'était prêtée de bonne grâce à cet exercice. La nuit était maintenant tombée. Mamadou avait fait venir un griot qui chantait d'une voix haut perchée en s'accompagnant sur une sorte de banjo. Il devait dire des choses concernant le toubab car à plusieurs reprises les assistants se mirent à rire en le regardant. Lorsqu'il eut terminé, Mamadou prit la main du toubab et le regardant dans les yeux prononça une longue phrase tout à fait incompréhensible pour lui.

Il interrogea Shima : Que dit-il?

Elle se renfrogna : Il ne sait pas ce qu'il dit, il est incorrect.

La plus jeune des épouses de Mamadou fut prise d'un fou rire. Shima est honteuse, dit-elle, car son papa dit qu'elle ferait une très bonne épouse pour toi.
Il te la donnera si tu fais un beau cadeau à la famille. Il prit le parti de rire à son tour. -Voila qui va me faire réfléchir. Shima était sortie Furieuse manifestement. Il n'osa pas la suivre. Il aurait voulu mais il n'osa pas. D'ailleurs il était prisonnier des regards posés sur lui.
Il interrogea Shima : Que dit-il? Elle se renfrogna : Il ne sait pas ce qu'il dit, il est incorrect. La plus jeune des épouses de Mamadou fut prise d'un fou rire. Shima est honteuse, dit-elle, car son papa dit qu'elle ferait une très bonne épouse pour toi. Il te la donnera si tu fais un beau cadeau à la famille. Il prit le parti de rire à son tour. -Voila qui va me faire réfléchir. Shima était sortie Furieuse manifestement. Il n'osa pas la suivre. Il aurait voulu mais il n'osa pas. D'ailleurs il était prisonnier des regards posés sur lui.

La nuit fut longue, la chaleur écrasante. Il pensait à la France, à sa famille, à sa vie enfuie, sa vie derrière lui, à l'avenir muré. Il aurait voulu boire, oublier, avoir froid pendant quelques secondes. Il savait qu'il dormait. Il lui fallait se réveiller. Cette main sur son front, était ce un rêve ? . Il entrouvrit les yeux. Shima se penchait sur lui. Il referma les paupières. Il ne voulait pas savoir. C'était trop tard.